Le constat de la compliance, l’avis des banques et des régulateurs 

La régulation bancaire et les risques de non-conformité représentent un poids important pour toutes les institutions financières. 

Dans la banque, la fonction compliance fait face à de gros challenges :     

-Le montant des amendes dans la banque entre 2008 et 2017 s’élève à 350 milliards de dollars

-L’augmentation de la main d’œuvre associée depuis 2009 est de 60%

-Les grandes banques dépensent chacune annuellement $1B en conformité réglementaire

Elle n’est plus en mesure aujourd’hui de répondre efficacement à la montagne de contraintes règlementaires qui lui est imposé. 

Du côté des régulateurs, plus particulièrement de l’AMF, il devient très complexe de gérer plus de 500 000 acteurs bancaires avec une base salariale de seulement 450 personnes : les rapports hebdomadaires reçus par l’AMF s’élevaient à 1,5 millions en 2009 contre 40 millions en 2018.Les régulateurs et les acteurs bancaires traditionnels sont aujourd’hui ouverts aux innovations technologiques qui pourraient pallier le manque d’efficacité de la fonction compliance.  

La nécessité d’évolution de la fonction compliance 

La concurrence des Néo-banques, Fintechs, GAFA et l’inflation des innovations technologiques pressent les banques à évoluer. 

La fonction compliance doit être revue en termes doptimisation « opérationnelle » et « commerciale », comme cela a été le cas pour les autres métiers de la banque : La néo-banque N26 a déjà franchi le cap, elle fait de la compliance un argument commercial à travers son slogan « Ouvrez votre compte N26 en 8 minutes » (processus KYC) 

De nombreuses activités de la fonction compliance pourraient être digitalisées, et de nombreuses actions permettraient den réduire les coûts de gestion : La surveillance, le KYC, l’issues management, l’automatisation, l’outsourcing, l’IA …  

Les institutions financières portent donc aujourd’hui un regard curieux et opportuniste sur ces nouveaux acteurs qui pourraient grandement optimiser et simplifier leur travail : les regtechs. 

 A travers les solutions technologiques innovantes qu’elle proposent, les regtechs peuvent alléger et moderniser la gestion interne de la fonction compliance. 

Trois choix s’offrent aux banques :

 -Faire un partenariat avec une regtech existante. 

-Développer leur propre regtech en interne

-En absorber une existante 

Il est primordial pour les banques de cerner leurs besoins afin d’exploiter le potentiel des regtechs au maximum, ainsi que de capitaliser leur savoir sur le développement et l’implémentation de ces nouvelles solutions.  

Quelques réponses des acteurs innovants à ce besoin d’évolution 

La recherche d’informations est une tâche chronophage et à faible valeur ajoutéela regtech française « RegMind »en partenariat avec Natixis, propose un outil donnant accès à toute la réglementation nationale et européenne :  L’outil effectue une veille automatique et met régulièrement à jour sa base de données grâce à une IA capable de digérer des millions de documents. Le résultat est un gain de temps conséquent permettant aux experts de mettre à profit leurs compétences sur des actions à plus forte valeurs ajoutées comme le développement commercial. L’objectif est d’étendre aisément l’intégration de la règlementation à l’échelle Européenne, une banque française pourra par exemple traiter aussi simplement avec autre banque française qu’avec une banque italienne ou allemande 

L’outil est actuellement en phase de test dans différentes banques comme le Crédit Mutuel, CACIB, Allen & Overy. Il est prévu qu’il soit commercialisé au cours de l’année 2019.  

Ces regtechs sont de plus en nombreuses et recouvrent de mieux en mieux les besoins des banques, comme le KYC ou la détection de fraude, elles gagnent en visibilité et leur utilisation deviendra bientôt indispensable. 

Wavestone se positionne sur le sujet des regtechs à travers sa veille, son radar et les rencontres régulière initiées au sein du cabinet.